Je me sens un peu mal de vous l'avouer, parce que mes personnages sont un peu comme mes enfants: je les aime tous égal (à part Jonathan qui m'énerve et la mère de Kevin que je songe de plus en plus à faire disparaître...), mais j'ai une petite (toute petite) préférence pour Mehdi.
Un jour, je vous expliquerai peut-être pourquoi, mais en attendant, voici une scène qui ne paraîtra pas, mais que j'aime particulièrement.
Aimable, Mehdi accompagne à la porte la dame qui venait acheter un Gagnant à vie mais qui est repartie avec un Perdu à Soir. Il lui souhaite une bien bonne soirée et à demain et revient s’installer en arrière du comptoir.
Je m'interroge, alors je l'interroge:
- Tu lui as pas fait payer son billet de loterie?
- Ah? Non. Non. Noooooooon…
- Pourquoi?
- Parce qu'une fois, elle m'a dit que si elle gagnait le gros lot, elle me donnerait la moitié.
Je reste interdite. Il continue:
- Mon père me dit tout le temps que j'ai pas d'ambition, alors j'ai décidé d'investir… t'sais, j'ai l'air de m'en foutre, comme ça, mais je veux pas être la honte de la famille…
Il sourit à pleines dents. Je m'obstine:
- Oui, mais c’est pas un investissement puisque tu les paies pas non plus, les gratteux. Dans le fond, c’est ton père qui investit.
- Pfffff... t’es chiante! Mais puisque t’insistes, si on gagne, Mme Paradis et moi, je donnerai un beau deux dollar à mon père, voilà. Bon, tu veux une crème glacée ou pas?
Parfois je me dis que s'il s'y prenait comme du monde et surtout si ça l'intéressait, Mehdi pourrait diriger un pays.
D'autres fois, je soupire. Comme là.

